Mercredi 19 avril 2006
Présentation

Ce poème Épique est le fruit de la 

Collaboration de 15 poètes,  de Pays*, Langues, Cultures et Cultes différents, en liaison grâce à l'internet.  

Nous oeuvrons, dans le respect et la dignité des particularismes, dans notre
propre Idiome et Rythmique.

 
But de cette " Millenium adventure ":

amener à la

Concorde Universelle

Par la

Connaissance de soi

 
et la

Reconnaissance de l’autre.
   
 
* Espagne, Egypte, Jordanie, Israël, Palestine, Liban, Syrie, Irak, Iran,

Turkmenistan, Ouzbékistan, Afghanistan, Pakistan, Inde, Chine

 

    















 
par Tomas Pierre publié dans : religion613
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Mercredi 19 avril 2006

La rose blanche et l'olivier

   
Prolégomènes


1) En cette année terrible où le peuple bancal
S’est vu précipité dans l’ombre de Tantale,
Moi, de nom Théophile et de prénom Pétra,
J’implore Celui, qui par l’Amour et la Joie
5) Fait chuchoter Clio et vibrer Melponème,
Et rythmer Calliope et danser les phonèmes,
De me verser la force en mêlant ses trois sœurs,
Pour que s’étende, enfin, sous mon art et labeur,
La réconciliation de ces peuples antiques,
10) Aux frondaisons puissantes, aux oliviers mythiques,
Surpassant, de son nom, la divine Sinaï.

Toi qui de Samarkand, Ali ibn-Sina,
Aux plaines d’Ispahan a fuit l’atrocité
Et le joug d’un tyran; toi qui à ton procès,
15) Mon Socrate amoureux, jamais ne se renia;
Et vous les Stoïciens, dont l’école athénienne
Ombragée, du portique, est devenue mienne;
Et toi, mon doux Platon, toi qui fus et seras
Le phare des éphèbes; vous tous: Anaxagore,
20) Parménide, Héraclite et le sage aux vers d’or;
Et toi le tisserand sans lance ni épée
Qui rejeta folie sur ton Karma hissé !
Et toi, pieux
voyageur piétiné par le fer,
Jehuda Halévi, l’amant de l’univers;
25) Et vous mes bons mécènes; vous, mes tendres Septante;
Et vous, hommes de loi, calife aux mille tentes,
Ecoutez la sagesse et la Paix et l’Amour
De ces calligraphies révérées pour toujours,
Car de tout l’univers bientôt sera connu
30) Le trésor infini de ces visages élus,
Qui, tels de grands soufis dans l’éternel jardin,


Se sont émerveillé des couleurs et parfums,
Faisant naître justice avec intelligence,
Et comme trait d’union ont imposé Science
35) A l’âge féodal, aux terres inconstantes,
Pour que renaisse enfin  la belle Astrée brillante.
Heureux ces hommes-là qui côtoient et le père
Et le fils et l’esprit d’un regard bien peu fier.
Car ils n’ont admiré les filles de la nuit,
40) Ces amarres de l’âme au goût d’amère pluie,
Qu’à travers un poète, Hésiode le premier,
42) Dont les joyeux travaux nous ont tous enflammés.

43) Heureux Al-Bîrûnî, l’immense Al-Farabi,
Le pieux Al-Ferdowsi, l'amoureux Shirâzi
45) Et ibn-Battûta ainsi que
Jubayr,
De D.ieu grands serviteurs et amis des émirs.
Heureux ceux dont l’esprit par l’amour éclairé,
Tels des lys rayonnant sous les cimes comblées,


Font résonner l’airain de leurs douces trompettes,
50) Pour annoncer la joie: non l’ultime tempête.

51) Mais hélas !  Aujourd’hui Iblis le corrompu
Séjourne dans la ville aux murailles rompues;
Y fait crouler les vœux attendus par Gaïa,
Retardant l’hyménée de la douce Zahra;
55) Et a travers l’ondée distribue ses diatribes,
Reçus par le vulgaire, ennemi de Yathrib.
Et pourtant Muhamad, le Christ et Avraham
Bien haut ont proclamé l’alliance avec « Yadiam »
Mais jamais n’apparut l’universel triptyque,
60) Signe de tolérance entourant l’art inique
En ces siècles barbares où seuls ont dominé
La force sur Science et le feu sur Clarté ! -
Le désir, l’apparence, et d’où naquit, Satan,
Des chaînes d’âmes noires à ton cou s’épanchant.
65) Tandis que les vertus, toutes sept éclipsées
Par l’astre de la nuit assis au périgée,
Attendaient sagement que la voûte céleste
Ecarte ses beaux yeux, pour nous indiquer l’Est.
« 
Γνωθι Σαυτον ! » proclamaient les sept sages
70) Etourdi par le vin de cet heureux présage;
Car « Μηδεν Ααγαν ! » nous sommes devant lui,
Comme goutte asséchée au cœur de Samari.
Dés lors il faut creuser le fertile canal,
Au milieu du désert, sur ordre du Lougal,
75) Pour qu’en homme averti, nommé par Gabriel,
Nous puissions étancher les visions d’Ezéchiel
Au vase de Science, empli près des Δελτα,
Comme l’eut fait jadis l’Αλφα et l’Ωμεγα.

Mais avant que l’enfant ne parte de Cordoue,
80) En cette éphéméride attendue de Nowrouz,
Quand la belle Inanna réveille la nature,
Faisant le couler le miel qui soigne la morsure
Hyperboréenne de ces jours douloureux,


Il  faut, tel un peintre, vous esquisser le lieu
85) Edénique, enchanteur, que le grand Al-Mansour,
Grâce aux débris de Jacques, offrit à son retour
Aux esprits sapientiaux. Car c’est là, sous les arches,
Dans l’illumination égale aux patriarches,
Que le pieux érudit, tel un arbre éthéré,
90) Contempla sa racine à travers l’hyménée.


par Tomas Pierre publié dans : religion613
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Mercredi 19 avril 2006
Chant Premier

" La douce Vendredi "

Tout commence dans un rêve, reflet de l’inconscience. L’enfant se trouve dans la Mosquée de Cordoue, où l’archange Gabriel l’interpelle, sous les traits d’un papillon.

1) Le soleil scintillait sur le Guadalquivir,
Répondant au Salât de l’argenté Takbir,
Tels les flancs écumeux de l’imposant taureau
Qui, brisé par l’effort, soupire en son repos.
5) Le jeune ben Adam, dressé sur son séant
Dans le patio de Sahm, en bon et pieux orant
Qui ne s’égare pas, répond aux cinq fontaines
Par la mère du livre. Incline sa misaine
Une première fois, et plonge, orbe fermé,
10) Jusqu’à sentir le sol sous son front respirer
Toute l’incantation au miséricordieux,
Telle une âme assoiffée que l’on prend pour aïeux.
L’office terminé notre jeune érudit
S’adonne alors au zikr, prélude au double cri
15) Extatique soufi. Puis, les larmes coulant
Sur sa joue amoureuse, il parle au firmament,
D’un ton révérencieux, comme l’eut fait Farhâd
A la reine Chîvin, devant le grand Bagdad:
«  Comblés sont les croyants écartés du verbiage,
20) Emplis d’humilité, témoignant de l’adage:
Par le nom de Celui, le tout miséricorde,
Le miséricordieux ! Dans la nuit de discorde
Et le jour éclatant se gonfle ta poitrine,
Au passage de Dieu, jusqu’à l’aube divine !
25) Car trouvé orphelin, Amour Il te guida !
Car trouvé dans l’errance, Amour Il t’abrita !
Ainsi à l’orphelin ne fais jamais violence !
Ainsi que ne repousse et mendiants dans l’errance
Et l’homme sans maison; mais tel qu’Il fut pour toi
30) Chante l’allégeance jusqu’au faîte du toit. »
Sitôt larme asséchée sur son front pointé haut,
De l’orangé tout près Parnassuis Appolo
Descendit le rejoindre en caressant l’éther
De ses écailles d’or. De même qu’un éclair
35) Fait transpirer l’umbra en éveillant la nuit,
Un rai illumina la douce Vendredi,
Parti de l’animal sur l’épaule agrippé,
Jusqu’au Coran géant de rubis incrustés.
L’éponyme du dieu consacré à Délos,
40) Ami de Jésus-Christ et fils de Hyahinthos,
De sa voix claire et douce expliqua la vision:
«  Mon tendre ben Adam tu ne perds la raison !
Car c’est moi, Gabriel, qui sur ordre du père
Est venu te convier à mirer son mystère.
45) Longe la palmeraie suivant mon étendard,
Jusqu’au mihrab faussé à l’œil toujours hagard. »
A ces mots divulgués l’archange disparut,
Laissant seul ben Adam sur la voie de l’élu.
Du divin animal embaumant le chemin,
50) Des roses de Damas persistait le parfum.
Tout à coup la forêt à l’écorce marbrée,
Que le saint Ferdinand emprisonna, malgré
L’incidente lumière aux reflets tempérants,
S’anima - ô César ! - sous les pas conquérants
55) Du fidèle aveuglé. Les colonnes d’hier,
Aux chapiteaux bénis, de leurs dards entourèrent
Le doux chemin mielleux, tels les flots refoulés
Aux pieds Du patriarche. Ses visages baignés
Changèrent silhouette en forts et fiers atlantes;
60) Et leurs voix, par millier, célébrèrent l’entente,
Du creux de l’épopée, jusqu’au mihrab ultime.
Là, tel un aigle, Echos s’éleva sur les cimes
Et  rejoignit un corps au surplus vaporeux.
L’ensemble se fâcha, prenant a témoin D.ieu:

Anecdote sur Charles Quint fustigeant l’architecte en charge des travaux de transformation de la mosquée de Cordoue.

65) « Détruire la beauté ! Donner ce dont l’Espagne
En ses lieudits, hameaux, petit bourgs de montagne
Nous offrent de commun aux regards braqués haut,
Tandis qu’aux noirs sentiers seront pansés nos maux !
Et même si ces lieux, pour nos cœurs et pays,
70) Seront flèches lancées au joug de l’ennemi,
La quiétude enfantée par de grands géomètres
Avait su me charmer: ainsi qu’au plus que maître ! »
En un souffle vécu, de sous les trois corolles,
Le chef du saint-empire ou Roi des Espagnols.

Les volutes d’encens forment des géants; leurs mains indiquent une lumière divisée en trois rayons: Rouge, Vert, Bleu.

75) Apparurent alors, chacun sous un giron,
Les trois cœurs paternels, volant sur le perron.
Le jeune ben Adam contempla la vapeur
Safranée d’encensoir, admirant, du prieur
Aux innombrables vues, ces délicieux portraits
80) Aux  tailles de cyprès et aux corps de futaies.
Chacun pointa ses mains vers l’antre mystérieux,
D’où sortent trois faisceaux: principe lumineux.
La douce claire-voie scintillait sur son marbre,
Voyant s’évaporer, lentement, nos trois arbres.

// entre les scintillements des ondulations sur l’eau et la voix du porte-parole de D.ieu:
annonce du voyage; des rencontres; des sciences à étudier. Révélation de sa double identité ( Juive et Musulmane). Annonce d’une terrible catastrophe venue du ciel. Mise en garde.

85) De même qu’une pierre à l’étang endormi
Dessine des aèdes, penchés sur des houris,
Chevauchant vaguelette au tonus diminuant,
Jusqu’à venir former un enclos de diamants,
De même sous les raies apparut un soroush,
90) Qui, en esprit du lieu, dispensa de la souche
Une voix ondulante, à l’ordre du Monade:
« Mon enfant, viens à moi ! Toutes ces colonnades,
Attirées par mon choix, du futur sont images
Essoufflées par l’envie ! Car durant ton voyage
95) Aux charitables vœux, tu les rencontreras !
De la fleur de Cordoue aux plaines d’al-Khansâ,
Erudits égyptiens et penseurs hellénistes,
Grand Imam ‘ Samarra’ et savants altruistes,
Tous, de toi, par respect, garderont en mémoire,
100) Souvenir de ton verbe: universel savoir.
Ton genre et ton espèce, en glaneurs temporels,
Cueilleront sur ces mâts une grâce éternelle.
Ainsi, leur exégèse à l’éphod écarlate,
Au fin lin de violette, dessus ton tabernacle
105) Echaufferont ta foi. » A ce mot il se tût.
Mais l’incidente voix prolongea ses vertus.
La blancheur primitive, encerclée d’un cristal
O combien respectueux, colora ses annales
En rouge charitable: « Au milieu du jardin
110) Où dansent les houris en chantant dans leur sein,
Près de la blanche rose Il te veux recevoir.
Car tu es, double fils, l’ultime et sage espoir
De la Sainte Isrël, nourricière au doux miel.
Le pays, dans mille ans, submergé par des ailes
115) O combien terrifiantes, aura, pour tout repos, (AR)
Ton exemple ébranlé, mêlé à l’eau des maux !
Alors elle comprendra la sombre conjecture,
Αριθμιοσ, que tu fis, tourné vers le futur
A la sainte unité. » A ce mot il se tut.
120) Mais l’incidente voix prolongea ses vertus.
L’écarlate auxiliaire échangea son alliance,
Tel un feu ténébreux, contre un vert espérance.
«  Bien avant que ton cœur pesé par Anubis,
Son dévoué serviteur, ne ressemble à un lys,
125) Le futur annoncé, par d’autres volontés,
Conduira ton vaisseau sur des récifs dorés.
Par ta force et Prudence et Juste Tempérance
Il faudra t’éloigner de la femme au cœur rance.
Car si dans son filet se fait prendre ton âme,
130) Chaque poil de ton corps deviendra une lame,
Terrifiante, acérée, dont l’appétit féroce
Engloutira ton nom, tel un hiver précoce ! »

Les colonnes retournent à leur place. Les calligraphies du mur se mettent à danser ; alors que l’enfant, léger, vole vers la source lumineuse. Le discourt devient plus obscure.

La forêt, à ces mots, tout de marbre vêtue,
Silencieuse et en ordre, et déjà  bien repue,
135) Rejoignit son logis aux communes paroles.
Alors, Arcatures aux syllabes d’oboles,
Tel un bouquet garni éclipsant les pléiades,
Vibrèrent à l’envie, en l’honneur des Naïades,
Qui, des voûtes musquées, monolithe affairé,
140) Vers le pupitre en bois rejoignirent l’aînée. (AR ?)
De la terre envolé le jeune ben Adam
S’approcha, bel enfant, de l’éternel Mihrab.
Ses lèvres de corail gonflèrent sous l’envie
De venir s’enflammer au buisson converti,
145) Tandis que la vision - ô ! diamant éternel -
Recouvrait sa blancheur et ses paroles belles :
«  Descendant de l’arctique appelé boréen,
A son frère, Apollon vient reprendre l’airain
De son temple agricole au surplus évanoui.
150) C’est alors que Péan, de sa voix éclaircie
Par le jeûne expirant, annonce l’Akitou
Aux animaux, aux peuples, à Gaïa et Anou.
Puis de son île arrive en beauté, éclatante,
La divine Ourania, juge de toute entente.
155) Sitôt que par son pied la terre est effleurée,
Les nards, de l’échine à la peau boursouflée,
Retrouvent leurs vertus pour former un chemin,
Régulier et paisible, aux heureux lendemains.
Alors Elethyie, du milieu de ce monde,
160) Guide nos pas joyeux jusqu’aux terres fécondes.
Là, en vieille femme penchée sur son labeur,
De sa main enrobée elle annonce les heures,
Sans jamais coup faillir ; et de votre jeunesse
Elle écoute sans bruit ni crainte ou sécheresse,
165) Le murmure enfantin de vos lèvres vermeilles :
Comme l’eut fait d’Ulysse Euryclée, tout pareil.
Et quand la nuit s’étend sur vos épaules d’ange,
Engendrant sa tribu sans même de mélange,
Vos humeurs elle écoute et vos envies d’enfant,
170) Afin de conseiller par ses mots tout charmants,
Votre insouciante ardeur, au goût d’acerbe fruit,
Qui sans elle, et vers Kèr vous pousse en ennemi. »

La voix annonce l’arrivée du prophète, au sein de la société aveuglée, qui a pour tâche de faire germer l’Idée du Messie ; puis les chiffres, par deux fois,  disent qu’il faut partir et pour combien de temps.

Tandis que Vendredi répétait ces paroles
En son sein flamboyant, les naïades - corolles (AR)
175) Brillantes, parfumées - entourèrent, l’instant,
Le pieux esprit naissant. Ecoutons maintenant
La rosé du matin qui des trois cordelettes
Etirées du Tsitsit, vient verser un précepte
- Une règle, une loi - édicté par vingt-six,
180) En ce tout premier jour, juste avant l’horreur Styx:
«  Noble teint de violette échappé du bel âge,
Lentement se terni au regard de l’ouvrage.
L’œil humain, en maître, guide ses espérances
A travers sa moisson, jusqu’à la noire engeance,
185) Sans jamais grande ouvrir la caverne éphémère
Où dorment les Thiases allongées devant Kère.
Heureusement, pour eux, par ma clémence d’or,
A chaque nouveau cycle arrive un doux Centaure
A l’échine inhumaine, au regard de Nabush,
190) Qui du fruit décrié vient planter devant Kush
Un jardin éponyme, arrosé par Pishôn
Et l’Euphrate et le Tigre et le second Gihôn. »
La naïade orientale à ses sœurs empruntée,
Doucement s’évapore, ô volute argenté,
195) En un doux sifflement de joie virevoltante,
Révélant, sans tromper, sa passion de l’amante:
«  A shmona’ asara, ainsi, jeune anashym,
Dépassé premier cycle et doublant le shnaïm,
Durant shloshym vé-shesh, en divin massorète,
200) Tu comptera teishah, comme eut fait le poête. »
Nos charmantes hiérodules, ô kâhins διαϕανησ,
Couvrirent leurs envies qui rougeoyaient la pièce,
De peur de l’anathème, amoureux trente et un,
Qui aurait assombri le vestige très saint.
205) Mais de nouveau Bétyle en doux père gracieux,
Du shéol alourdi fit renaître les vœux.

La voix expose des liaisons entre la philosophie grecque et la mystique, ainsi que quelques Idées.

Alors sombre lito - ô douce amie votive !-
Par son timbre espérance illumina Ninive
Aux dix mille mystères: « Au bord de l’Ilissos,
210) A l’ombre d’un platane et du retors Chronos,
Après un lourd banquet aux criards invités,
Une palinodie j’offris à l’initié.
Car dans son exposé, bien triste Thaumaturge,
Il oublia l’enfant, seul aimé du démiurge.
215) Alors sa poésie nécessaire et ludique,
Détacha ses visions du joug des rhétoriques,
Et d’un élan goûté, tel un char en parade,
Illumina son âme au son de la triade.
Escaladant la sphère abordable, amoureuses,
220) Il vit l’essence, enfin, divine et vaporeuse,
De mon bon Séraphins, en parèdre assis-là.
Mais l’imagination, vaste orage ici-bas,
Reprit soudain le mors, effrayée par l’éclair
De cette âme brûlante: pour s’enfuir de l’éther.
225) Alors, par la croyance émanant de l’Egypte,
Gardant l’influence de l’hémi-troglodite
- Fils aîné des Codrus, dédaigneux sibyllin -
Dans sa flamme il mira les contraires divins.
Toujours en liberté à l’ombre du cristal,
230) Voici que l’étalon, conjonction zodiacale,
Vint effleurer Gaïa, dessus l’école ionienne,
En naïf précurseur de la vaste dorienne;
Puis du cénacle d’or d’esprit sublime emplis,
Par la chaîne d’airain, dynamique bénie,
235) Fit raisonner l’hybris sous les coups de son maître,
Faisant oeuvre unitaire, achevant le paraître.
Toi, alors, lente flèche immobile et mouvante,
Par le son du silence, unie et odorante,
Du chemin primordial tu révéla la borne:
240) Après la tromperie du rampant Epigone. »
La naïade centrale amoindrie, étourdie,
Fit glisser ses élytres - charmant spectacle !- et prit,
Bel insecte éphémère, un envol tempéré
Par le maître d’Haram, souriant justicier.
245) La poliade des eaux tourbillonna sans fin
Dans l’antre consacrée; se fraya un chemin
Dans le pertuis ourlé de la voûte médiane,
D’où un rai l’attirait: noble frère de Diane.
Tandis que le dévot du lampyre admirait
250) Les nageoires ourlées, que sa robe faisait
Sous l’éclat safrané de l’Orbe de la joie,
Le lapis, pieux pendant, de justice prit voix.
Le signal d’outre-mer par son timbre azuré,
Suffit à rappeler le papillon bleuté
255) De sous la vaste sphère:  « Ainsi donc, Massorète,
Grâce au noos énoncé, un jardin de fleurettes,
Au Γλυκυσ hyménée, renaîtra dans mille ans
Sur la pointe émoussée du fertile croissant.
Alors les enfants sages à la barbe fleurie,
260) Infiniment rapide, ô tourbillon de vie,
Tel le cercle initial jusqu’au très grand faghfour,
Proclameront l’idée de l’union pour toujours,
Sans que le pieux atome averti par l’image,
Ne s’enfuit de la ronde au désert: vain mirage ! »

Concécration du « Double enfant du Pardon »; Le vin et le secret son versé dans sa bouche. A l’appel du shoffar, le monde entier entre progressivement dans la ronde

265) La naïade occitane enivrant le sâqi
Espiègle et bouillonnant, vint offrir le Talith
Au jeune homme éthéré: l’échanson du futur.
Dès lors le défilé, procession sans rupture
Aux sons des litanies, à l’élu apporta
270) Les consacrées Tsitsit, puis au front le baisa,
Avant que la troisième, en véritable amante,
Des Téfélims couvrit la belle âme puissante.
Les taraz rejoignirent, aimable procession, (AR )
L’épithète Elyon ou bien mieux: l’échanson.
275) Car alors guevurah, somme innée - deux cent seize -
Fit résonner son trône en aryeh - deux cent seize -
Et par soixante-dix, liquide charitable,
Donna soixante-dix à l’enfant tant aimable.
La coupole argentée  vers Hélios s’envola,
280) Tel un songe égaillé au réveil du Chéma.
Et dans son ascension écartant brume épaisse,
Elle inspira les Neufs revenues du Pernesse,
Si bien que des trois saintes était fait un beau score.
Mais la poussière d’ange émue par Terpsichore,
285) Qui déjà entraînait la ronde ecclésiastique,
Eveilla les Grâces d’un sourire édénique,
Qui se joignirent vite aux compagnes d’Eros:
Lui aussi attiré, mais par la belle Eos.
Dans cet antre animé par naissante Hèmérè,
290) Où le pieux kabbaliste avec émoi dansait
Devant l’arche et David, le lumineux survint,
De son char descendu, portant cithare en main.

Le rythme s’accélère, et Dionysos accours: on se retrouve à l’instant de la création.

Alors la Mélodieuse avivée par le jeu
Accéléra son hymne en  piquant «  demi-dieu »
295) De suivre la parade: ce qu’il fit avec joie.
Et tandis que la thiase en l’honneur du Fatah,
Par la justice aimé dévoilait les mystères,
Faisant naître makros et mikros de la pierre,
O béni tourbillon où se mêle le feu
300) A l’eau, la terre au ciel, l’humanité aux dieux,
Et les astres fougueux à la poussière échue,
Et le cosmos âgé à l’embryon féru,
De sa vigne accouru l’être Ταυρο−Κερωσ,
Suivit, comme il se doit, de satire en κωμοσ,
305) Joueurs exubérants aux tympanons lascifs,
Ainsi que des silènes: oh ! βακχοσ excessifs.
Alors l’ordre établi du contraire animés,
Par le sauvage accent de la bête enivrée,
Telle feuille automnale transportée en criant,
310) Retrouva, dans Chaos, le brouillard rémanent.
L’infernal tourbillon s’alimentait sans cesse
A la source arrimée; et par force et vitesse,
Arracha l’ombre encrée à ces corps pitoyables,
Réduisant devenir en image effroyable.
315) Tandis que l’âme élue sous son visage oval
Perdait de sa grandeur dans un fluide « occipal »,
Et que le riche en hôtes abaissait sa clôture
Qui jamais fut trompée, la pierre, ô tendre augure,
Du giron s’envola vers cet oeil cyclonal.
320) Stoppée à mi-hauteur, ô vertus cardinales,
De ce tube ardoisé, une dextre pointée
Sortie du monolithe, ô bourgeon printanier,
Et sa course irréelle effleura le Typhon
A ses lèvres et joues, puis ses yeux et son front,
325) Sans même que la droite amoindri par son poids,
Ne subisse l’effort des tranchantes parois.
Dans la sombre atmosphère enivrée des contacts,
En un flot lumineux vint se mélanger l’acte,
Nécessaire, hasardeux, et de la loi ancienne,
330) Chassant le grand serpent à l’accent plein de haine,
A l’humeur fracassante, il fit naître en ses vœux
Le silence et bon ordre et les cycles joyeux.
Tandis que les déesses, Erato et ses sœurs,
Sur l’écharpe d’Iris rejoignaient leur demeure,
335) Et que les musiciens tout penauds et honteux
Partaient sur la monture à l’aspect cotonneux,
La triade écarlate - servantes éblouies -
De la coupole aimée le mehrabe couvrit.
Dès lors l’obscurité, épouse silencieuse,
340) Sous son manteau nacré conduisit les rieuses.
Car le puissant Tawab, de part sa bienveillance,
Voulait que ses enfants reconnaissent Prudence.
Alors que ben Adam recouvrait ses vertus,
Tel un homme émergeant après avoir trop bu,
345) Une abeille - sainte Seize ! - sur le trajet nocturne
346) Eveilla, sous son dard, les explications diurnes.

Le réveille


Dans Cordoue animée les ruelles dansaient,
Et grâce en fut donnée par les fleurs, les volets,
Les robes et chignons, attachés et dansant,
350) Virevoltant, s’ouvrant, comme on est au printemps.
Le doux cœur de la ville embaumait, ô ! parfum,
Le sublime nectar que l’on mêle au jasmin;
Et de l’arbre encor noir timidement sortait
Un bourgeon éclaireur, sous le courant des rais
355) Qui, au regard du froid, fontaine imaginaire,
S’écoulait sur Gaïa au sortir de l’éther.
De son antre fumant, le dos tremblant encor,
Un rongeurs minuscule à l’esprit moins retors,
S’essayait à sortir de son douillet terrier,
360) Pour y rentrer sitôt. Car déjà, bien luné,
El gato attendait sagement son festin,
Dissimulé au creux d’un panier: souverain.
Du spectacle au dessus quelques coudées plus haut,
Penché à sa fenêtre  ô gentil passereau,
365) Le jeune ben Adam, l’esprit encor voilé,
Mirait un ciel naissant aux reflets safranés,
Essayant d’y trouver, en égaré pilote,
Un signe, un étendard, un guide pour sa flotte.
Car, tel un  amoureux éperdu dans son trouble,
370) Son regard incarné lui mâchurait son double.

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Mercredi 19 avril 2006


Premier témoins:
Le
Cheikh et la Perle Blanche


371) Ô donneuse de Gloire ! fait voler sur ton front
Serein l’âme essoufflée de l’enfant du pardon,
Jusqu’à la Madrassa. Et toi, ô Belle-Voix,
L’amie des rossignols et compagne des rois,
375) Fait briller le Logos, de part Juste-Coutume,
Pour que l’hora en vain ne frappe pas l’enclume.
Et toi aux larges flans fait croître en lui les fruits
378) Infinis et suaves: Amour et Prophétie.

379) Le voilà qui déjà ayant escaladé
380) La marche au marbre vert, d’un seul bloc découpé
- Pieuse réminiscence à la sainte Ka’ba,
Pour tout prieur passé par la porte As’Safâ -
Arrive face au Cheikh absorbé par Le Livre;
Le salut, corps prostré, front plissé, cœur bien ivre;
385) Quelque Rak’a récite; puis rapide il se dresse.
Le cœur tambourinant, il raconte, ô noblesse !
Le doux maître écoutait de la nuit le récit,
D’un oeil complice et clair, ses pensées réunies.
Mais quand la verte pouce eut tari l’hypocrène
390) En d’ardentes paroles, sans qu’on ne les retienne,
Le vieil homme, à son tour, d’un dessein supérieur,
Car pour lui Clair-Eclat dévoila ses splendeurs,
Révélait son pendant dans une parabole,
Tel que le fit jadis Mathieu, beau rossignol.
395) «  Voici que le semeur est sorti pour oeuvrer,
Laissant au doux repos sa femme et premier né.
De la route escarpée il pouvait voir, déjà,
Des corbeaux attendant son labeur d’ici-bas.
Le vaste seuil de bronze au devant d’Hèmérè,
400) Par le fils d’Hyperion sur l’onde miroitait
Depuis quelques instants, que depuis bien longtemps
Notre père affairé, ô inlassablement,
Ensemençait Gaïa, source de lendemains.
Les oiseaux festoyaient sur le bord du chemin,
405) Se piquaient fort du bec en relevant leurs ailes
Pour en intimider les rôdeurs pleins de zèle,
Avant que de partir, poussés par l ’appétit,
Vers l’autre terre aimable: sans même un pieux merci.
Déjà l’ombre à ses pieds restait sans s’éloigner,
410) Quand l’homme auguste et grand, le front lisse et perlé,
Choisit pour sa retraite un vieux chêne chenu,
Entouré de rocailles et de ronces barbues.
Les quelques grains tombés sur les endroits rocheux,
Où le terre en surface offrait très peut d’enjeu,
415) Germèrent promptement à l’ombre du vieux sage.
Mais quand le fort chariot eut contourné le mage
Aux branches gigantesques, écrasant sous ses roues
Les pouces pressurées, les racines, sans bouts
Ni allonge, épuisées, mourraient sans un soutient.
420) Tandis que le semeur clôturait son festin
Par des gâteaux de miel de l’Hymette enneigé,
Arrosant son palais d’un Formies tempéré,
Les quelques grains tombés sur le pointu des ronces
Essayaient vainement d’arracher de leur once
425) Un quelconque pécule; avant que de mourir,
Par leur hôte étouffé, sans avoir pu surgir.
Revenu à son champs, ô inlassable amant,
L’homme réconforté par le pain de cet an
Voyait croître  en ardeur, sur sa compagne aimée,
430) Les heureux jours futurs à l’accent d’hyménée.
Etonné il compta jusqu’à Lam sur sa gauche;
Jusqu’à Sin à sa droite: jusqu’à Qaf en ébauche. »
Sous l’énigme du jeu le pieux enfant croulait:
Yeux bien ronds, bouche ouverte et sur son front des rais,
435) Avant que de répondre en homme plein d’esprit.
« Le semeur est bien Dieu, que son Nom soit béni !
La graine est sa parole - qu’en soit satisfait Dieu !
Le champs est son royaume aux enfants laborieux.
Si sa parole échoue dans des âmes légères,
440) Où seul gouverne en maître Aphros sur la prière,
Le message entendu aussitôt s’enfuira.
Si la parole échoie, poussée de par Bat-hâ,
Dans un cœur trop soucieux, suffit un vent contraire,
Simple brise affaiblie, et renaît la misère.
445) Si la parole est d’or chez le fou roi midas,
Aux richesses succombe, emplissant sa besace,
L’âme étouffée, rongée, sans produire de fruit.
Mais pour l’homme initié qui comprend et qui prie,
La mesure en son cœur doublera l’espérance,
450) La triplera, sans fin, jusqu’à gravir l’alliance.
- Bel enfant du pardon ! ta parole introduite
Au sein de cette école, oboles des Zaydites,
Est grenade bien mûrs pour l’homme du désert.
Car ces fruits, lentement, quand ils étaient bien verts,
455) Ont su garder en vie les passions du Prophète,
Pour que l’homme, à son tour, voit le char sur sa tête.
Au nom d’Allah, le Juste et Miséricordieux,
Et au nom d’Eloïm, pour ta mère et aïeux,
Nos cousins par le livre et le sang et la joie,
460) Et pour ceux des chrétiens, même si mainte-fois
Ce peuple incirconcis nous a rogné les reins
Entre l’Ebre et Douro, nous broyant dans ses mains,
Par ces trois rois puissant demeurant au délice,
Ton âme fut conviée à mirer ses prémices.
465) Mais étant jeune encor, inconstant et fougueux,
Ils ont, pour te guider, car ton trouble est heureux,
Choisi trois serviteurs au milieu du troupeau.
C’est pourquoi dans ton songe est chanté trois fois haut
Le refrain éclatant d’une entente nouvelle,
470) Qui du Chaos émerge, ô splendeur éternelle !
Ainsi donc, triple enfant, part vers mon grand ami,
Le rabbin Maïmoun aux paroles de fruits.
Car il fut le second enflammé par l’amour
Verdoyant, enfanté près du puissant faubourg.
475) Quant au prédicateur vêtu d’un blanc manteau,
Dont le regard est fixe et la main au repos,
Que tu rencontreras assis sous l’olivier
Au sortir de la ville, écoute ce berger
Sur la voie du Seigneur. Car la vie qu’il choisit,
480) Révérant notre Dieu, pour nous tous réuni
La plus humble est de loin, mais aussi la plus dure.
Car par la sainteté qu’il façonne, sois-en sûr,
Sa gloire jaillira au devant du trépas,
Pour le ramener où il te précèdera.
485) Mais dans mon exposé il y eut dal essais,
Comme dans ta vision il y eut dal monnaies.
Car les lamentations, pour les pêcheurs humains,
Sont au nombre de quatre, ainsi fut des Romains
Qui jamais n’ont scruté les vouloirs du très haut,
490) Préférant, de la chair, le malheur et les maux.
Car pour toute la sphère animée sans la loi,
Les passions et la mort son l’unique au-delà.
Maintenant suit ton cœur, ton diadème et ton âme,
Pour que d’autres témoins foie ajoute au Yadiâm. »
495) A ce mot il se tut. Puis en prudent esclave
Il salua l’élève: courbé dans l’architrave.
Mais en se relevant, sur la tête encore verte
Il aperçut l’obole à son regard offerte;
Et cette vision bleue, récompense et témoin,
500) Emplit son être ami des senteurs de jasmin.
Le jeune ben Adam, intimidé encor,
Regarda s’éloigner le doux cheikh, son mentor,
Dans la pénombre ourlée du couloir tout marbré,
Où seule rayonnait l’idée de sainteté,
505) Par la parole pieuse, attributs charitables,
506) Jusqu’à ce que les ombres enveloppent l’aimable.
par Tomas Pierre publié dans : religion613
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Mercredi 19 avril 2006

Deuxième témoin:
Le Rabbin et le Béréchit

507) Ô ! Donneuse de gloire, et toi qui chante et danse,
Descendez des coteaux, rejoignez les croyances;
Faites de l’Hélicon un théâtre amoureux,
510) Sous l’œil enluminé où se joues tous mes vœux.

511) Déjà de tous côtés, alertées par Amphion,
Les pierres s’assemblaient, taillées par Cithéron,
Pour former yeshiva. Telle une âme en son sang,
A la double muraille orientée vers Puissant,
515) Se dressaient un à un de l'égaré les guides:
Pas celui de l’aigle, mais celui du Samid.
Les ouvrages rangés fleurissaient le Chéma,
Proclamant l’unité, ô ! délice: Lévavkha !
De même qu’un berger rassemble ses moutons,
520) Quelques notes jouant, modulant que le ton,
De même l’assistance assoiffée se regroupe.
Le décor est posé. Les acteurs de la troupe,
Ensemble réunis, alors peut arriver
524) Celui pour qui ce chant fut si bien entonné.
 
525) Dans la Beit ha-Sefer, emplit de part les Shin,
S’élevait la fumée, ô ! Majesté Divine,
De l’encens consacré. La volute éphémère
Au cortège annonçait le début de l’Omer.
Traversant ce nuage aux trois rangées bénies,
530) Ben Adam apparu; et voyant les graphies
Papillonnées ainsi, s’exclama:  Kétarim !
Sans même se comprendre; puis, surpris: Vétaguim !
Ces deux mots rencontrés formant six petits traits
Construisirent soudain un ensemble de raies,
535) Qui, par leur sainteté, donnèrent vie au Rav.
La fumée dissipée, alors le Yod du Vav
Se distinguaient sans mal. Près de la Ménorah
Le rabbi se tenait, cerclé par Mor’ia.
L’enfant arrêta-là sa marche hallucinée,
540) En voyant, face à lui, ce visage animé
Par tant d’enluminures. Puis, respectueusement,
Il salua le Rav immobile, tel l’amant
Face à la bien aimée. La bouche alors s’ouvrit:
«  Il y a bien longtemps d’Our Kasdim il sortit,
545) Avram, allant vers lui, ‘ Lekh Lekha ’ comme on dit,
Recherchant la prairie, sacrifice interdit,
Où son âme, à nouveau, pour lui seul devait naître
A l’appel de sa chair, repoussant le paraître
Enfantin du logis, qui, illusion diffuse,
550) Dans la tour de Babel l’enferma par sa ruse.
Devenu Abraham l’univers de son nom
Apparut, / annoncé dans la constellation
De l’homme enorgueilli par sa génération,
Ouvrant grand, pour ses fils, sur la terre de Sion,
555) La puissance, en un acte amoureux et divin, /
Tel qu’il fut délivré pour d’heureux lendemains.
Dans ce vaste océan prénommé spirituel,
Compagnon d’Adonaï au souffle perpétuel,
Bon nombre d’assoiffés ont confondu le trois
560) De la lame hormonale, avec le macaira,
Ecoutant non leur âme ouverte à la parole,
Mais leur être argileux: bien triste parabole. »
A ces mots il se tut pour contempler l’agent
Dont le visage ému paraissait rayonnant.
565) L’homme pieux et l’enfant, en une courte marche
Au milieu des Chémas, passèrent sous les arches
De la Beit ha-Knesset, suivant-là le chemin
Du jardin renaissant empli de doux parfums.
«  Aujourd’hui dans Cordoue est descendu l’esprit
570) Des puissant Tsadikim, accompagné d’Eli:
Celui qui toujours voit sans jamais être vu.
Ainsi, dans notre rêve, à la voie de l’élu
Nous nous sommes uni: de l’Islam tous les sages,
D’Israël le prophète et des Chrétiens les Mages,
575) Comme il était dicté depuis la création,
En ces jours où le Shin, pour ses bénédictions,
Offrit une couronne imprimée dans le ciel
A l’envoyé divin descendu de Beit El.
Triple enfant du pardon te voilà renaissant,
580) Par l’éclat fraternel, pour guider les amants.
Tu étais double enfant dans un couple amoureux,
Reçu comme présent pour le bien nommé D.ieu.
Car cette dualité consiste en prophétie
Imaginative guidant vers le Messie.
585) Des trois communautés couvrant le vaste monde
Tu dois examiner les facultés fécondes
En Science et Physique, et celle plus ardu
Qui pourchasse un canard, et qu’on nomme chevu.
Tu devras t’attacher la compagne céleste,
590) Poursuivant ton voyage en ces lieux bien modestes,
Pour que marche au devant de tes pas la justice
Inébranlable et douce, en guise de délice. »
Par cet apprentissage il conclut son récit,
Laissant  l’humanité  chanter là le Messi,
595) Ces six cent trois mille cinq cent cinquante et un
Responsables de lui, responsables sans fin.
Et bientôt disparait face à la Yeshiva,
598) Où le pacte est conclu d’après Rav Akiba !

599) Ô ! Splendeur HaKadosh, Néshama supérieur,
600) Fait danser devant-nous l’univers, beau rieur,
Même si le lecteur ne s’est pas enlacé
Au Roua’kh et Néphesh, source * de pureté...
... Pardonne cet élan mon amour Tétragramme,
Car ma vue s’est voilée au périple d’Avram.
605) Revenu maintenant sur la terre, affaibli,
Il me faut continuer de la main ce récit.
" Vers l’ultime témoin Parnassius Apollon
Guide le triple enfant, ô ! gentil papillon. "
par Tomas Pierre publié dans : religion613
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